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Bulletin of the World Health Organization
Print version ISSN 0042-9686
Abstract
BANERJEE, Kaushik et al. Surveillance de la poliomyélite: modèle utilisé en Inde pour son éradication. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.3, pp. 321-329. ISSN 0042-9686. http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000300007.
La surveillance de la poliomyélite en Inde consistait auparavant en une notification passive des cas cliniquement suspects. La capacité de détecter la maladie était limitée car il ny avait pas de surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA). En octobre 1997 ont été déployés dans lensemble du pays 59 médecins chargés de mettre en place une surveillance active des cas de PFA; 11 533 postes de notification ont été créés pour rapporter sur une base hebdomadaire le nombre de cas de PFA aux niveaux du district, de lEtat et du pays. Les investigations sur les cas ont été rapidement menées et des échantillons de selles ont été recueillis chez les malades. Des liens ont été établis pour renforcer le réseau de laboratoires de la poliomyélite, et les homologues nationaux des médecins chargés de la surveillance ont reçu une formation poussée. Les données notifiées au niveau national sont analysées et distribuées une fois par semaine. Les taux annualisés de PFA non poliomyélitique sont passés de 0,22 pour 100 000 enfants de moins de 15 ans en 1997 à 1,39 pour 100 000 en 1999. La proportion de cas pour lesquels deux échantillons de selles ont été recueillis dans les deux semaines suivant le début de la paralysie est passée de 34% en 1997 à 68% en 1999. Le nombre de cas de poliomyélite associés à lisolement du poliovirus sauvage est tombé de 211 pour le premier trimestre 1998 à 77 pour le premier trimestre 1999. Dans 12 des 32 Etats et territoires, aucun poliovirus sauvage na été isolé depuis 1998 (Iles Andaman et Nicobar, Arunachal Pradesh, Himachal Pradesh, Jammu et Cachemire, Kerala, Lakshadweep, Manipur, Meghalaya, Mizoram, Nagaland, Sikkim, Tripura), mais la transmission des poliovirus sauvages de types 1 et 3 est répandue dans les autres régions et la baisse apparente de la transmission observée en 1999 est intervenue avant le début du maximum de la saison poliomyélitique (juillet à septembre). Il est donc justifié dorganiser des séries supplémentaires de journées nationales de vaccination avant de mettre en uvre les stratégies de « ratissage » des cas. La circulation du poliovirus sauvage de type 2 est encore répandue dans lUttar Pradesh et le Bihar. Lexpérience de nombreux pays montre que les activités déradication de la poliomyélite peuvent servir de plate-forme pour renforcer dautres services de vaccination et de médecine préventive. Ainsi, les éléments critiques des stratégies déradication de la poliomyélite - capacité de surveillance, engagement politique, partenariats internationaux et intégration des services de médecine préventive - peuvent être utilisés pour renforcer les services courants. En présence dun objectif déradication, lactivité programmatique est davantage axée sur la mesure des nouveaux cas de maladie comme indicateur de résultat. Pour stopper complètement la transmission de la maladie, il faut que lintervention - dans le cas présent, la vaccination antipoliomyélitique - touche lensemble des personnes visées, y compris les populations à haut risque identifiées par les services de surveillance. Les interventions de santé bénéficient ainsi de façon équitable à tous les enfants et non pas uniquement aux plus faciles à atteindre. Cela signifie quil faut être particulièrement attentif à ceux qui sont les plus démunis. Pour parvenir à léradication de la poliomyélite en Inde au cours de lan 2000, il faudra en conséquence organiser de nouvelles journées nationales de vaccination et procéder à un « ratissage » de maison en maison.
Keywords : epidemiological surveillance; India; poliomyelitis; paralysis; classification and epidemiology; programme development.









