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Bulletin of the World Health Organization
Print version ISSN 0042-9686
Abstract
WOOD, D.J.; SUTTER, R.W. and DOWDLE, W.R.. Arrêter de vacciner contre la poliomyélite après léradication : problèmes et enjeux. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.3, pp. 347-357. ISSN 0042-9686. http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000300010.
Depuis 1988, le nombre de cas de poliomyélite rapportés dans le monde a baissé denviron 85% et le nombre de pays dendémie connus ou supposés est tombé de plus de 120 à moins de 50. Comme léradication de la poliomyélite approche, les questions susceptibles dinfluencer le moment et la façon darrêter de vacciner contre cette maladie prennent une importance cruciale. Du fait des risques et avantages potentiels quimplique une telle décision, il faudra disposer, avant de pouvoir arrêter la vaccination, dun dossier scientifique rigoureux, dune analyse risque-avantages, de plans durgence, de stocks de vaccin antipoliomyélitique, et avoir reçu lapprobation des commissions mondiales en matière de politiques. Les bases scientifiques à lappui de larrêt de la vaccination ont été examinées par lOMS. Il est fondamental de savoir si la transmission des souches vaccinales excrétées pourrait se maintenir et donner lieu à une réémergence du poliovirus dans une future population non vaccinée. Plusieurs ensembles de données indiquent que la persistance de poliovirus dérivés de souches vaccinales est possible dans une population : Cuba et dautres pays ont rapporté une persistance du virus à la suite de campagnes de vaccination de masse par le VPO ; le séquençage du génome disolats de poliovirus en provenance de pays indemnes de la maladie peut indiquer si du virus dérivé de la souche vaccinale a circulé de façon prolongée ; enfin, des enquêtes réalisées chez des groupes religieux opposés à la vaccination et des investigations sur des flambées de cas de poliomyélite fournissent des informations sur la capacitédinfection des virus dérivés de souches vaccinales. Jusquà maintenant, les faits semblent pencher pour une persistance limitée des poliovirus dérivés de souches vaccinales. Il faut cependant noter que les données dont on dispose actuellement ne sont pas exhaustives et que de nouvelles recherches sur la transmissibilité et la persistance de poliovirus dérivés de souches vaccinales sont nécessaires. Lexcrétion prolongée de tels virus par des personnes atteintes dun déficit immunitaire primaire pourrait être un des moyens de persistance des poliovirus dérivés de souches vaccinales. Lexcrétion de poliovirus est habituellement de courte durée chez un hôte immunocompétent, et dépasse rarement 2 mois. Depuis le début des années 60, plusieurs cas de réplication et dexcrétion prolongées de poliovirus dérivés de souches vaccinales pendant 2 ans ou plus ont été rapportés, tous chez des personnes immunodéficientes. Les patients atteints de déficits immunitaires primaires portant sur le système des lymphocytes B semblent les plus à risque pour la réplication et lexcrétion prolongées de poliovirus (et dautres entérovirus). On ne dispose que de données très limitées sur limmunodéficience secondaire comme facteur de risque de poliomyélite paralytique associée à la vaccination ou dexcrétion prolongée de poliovirus. De nouvelles études sur la réplication prolongée des poliovirus chez les personnes immunodéficientes et lévaluation des déficits immunitaires dans différentes populations devront être réalisées en priorité. La présente table ronde présente létat actuel des connaissances, fait le point sur les processus et les échéances de la certification de léradication, du confinement du virus et de larrêt de la vaccination, et met en lumière certaines des questions scientifiques restant à résoudre et qui devront faire lobjet de nouvelles recherches.
Keywords : certification [standards]; immunization [trends]; poliomyelitis [prevention and control]; polioviruses [human 1-3]; pathogenicity.









