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Bulletin of the World Health Organization

Print version ISSN 0042-9686

Abstract

ROMAN, G. et al. Faire de la neurocysticercose une maladie à déclaration obligatoire au niveau international. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.3, pp. 399-406. ISSN 0042-9686.  http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000300016.

La neurocysticercose, infestation du cerveau par des larves de Taenia solium, est la principale complication de la téniase/ cysticercose. La téniase/cysticercose représente un problème de santé publique important, surtout dans les pays où l’hygiène de l’environnement laisse à désirer, où la neurocysticercose est la principale cause de convulsions et d’épilepsie. Les sujets contaminés après avoir consommé de la viande de porc mal cuite infestée par des cysticerques développent une téniase intestinale et deviennent porteurs définitifs de la maladie. Chaque ténia adulte libère quotidiennement dans les fèces du porteur un à cinq proglottis contenant chacun environ 40 000 œufs. L’homme contracte la neurocysticercose en ingérant des œufs de T. solium présents dans les matières fécales des porteurs. Les personnes infestées courent un risque élevé d’infestation cérébrale massive par des cysticerques viables de T. solium, par auto-infestation, et, comme l’ont montré des études épidémiologiques, constituent des grappes de cas de neurocysticercose. Tout porte à croire que l’infestation directe joue un rôle important dans la pathogénie de la maladie, alors qu’il est sans doute faux, par contre, que, comme on le croyait précédemment, les œufs de T. solium se transmettent par l’eau ou par l’air. La neurocysticercose est par conséquent une infection transmise d’un individu à un autre qui se contracte par voie fécale-orale à partir des porteurs du ténia intestinal. Il faut combattre énergiquement l’idée très répandue selon laquelle le ténia, ou ver solitaire, est inoffensif et n’exige pas de traitement, compte tenu de l’ampleur du problème de la téniase/cysticercose et de ses complications. Les neurologues, neurochirurgiens et médecins généralistes doivent comprendre que, lorsqu’ils diagnostiquent un nouveau cas de neurocysticercose, c’est que le patient a probablement été contaminé par quelqu’un de son entourage proche. Si l’on considère que la cysticercose humaine est une maladie infectieuse qui suppose une source de contagion humaine, il convient de rechercher et de traiter la source selon les mêmes principes épidémiologiques que pour la lutte contre d’autres maladies transmissibles. En vue de lutter contre la téniase/cysticercose, et en particulier la neurocysticercose, nous proposons de considérer la téniase/ neurocysticercose maladie à déclaration obligatoire au niveau international. Tout cas nouveau devra être notifié par le médecin traitant ou par l’administrateur de l’hôpital au ministère de la santé compétent. Une action épidémiologique sera alors entreprise afin d’interrompre la chaîne de transmission par les mesures suivantes : 1) rechercher, traiter et signaler les porteurs de ténia dans l’entourage du patient ; 2) rechercher et traiter les autres contacts possibles ; 3) informer la population des mécanismes de transmission du parasite, et améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement ; et 4) mettre en œuvre les politiques d’inspection des viandes, et circonscrire le réservoir animal par le traitement des porcs. Nous considérons que la première mesure nécessaire pour résoudre le problème de la neurocysticercose consiste à appliquer les mécanismes de surveillance appropriés, sous la responsabilité du ministère de la santé. Faire de la neurocysticercose humaine une maladie à déclaration obligatoire aurait l’avantage non négligeable de faciliter la mesure de l’incidence et de la prévalence de la maladie dans le monde entier. La déclaration obligatoire permettrait en effet de mesurer précisément l’incidence et la prévalence de la téniase et de la neurocysticercose au niveau régional, ce qui faciliterait une utilisation plus rationnelle des ressources disponibles lors des campagnes d’éradication. Cette proposition a déjà été appliquée avec succès au niveau national au Mexique, dans certains Etats des Etats-Unis d’Amérique et dans l’Etat de Ribeirão Preto, au Brésil. L’éradication de la téniase/cysticercose paraît aujourd’hui réalisable grâce à nos connaissances étendues de l’histoire naturelle et de la biologie de T. solium, à la mise au point de méthodes diagnostiques précises et à l’existence de traitements ténicides très efficaces. Le but de l’éradication paraîtrait beaucoup plus accessible si l’on faisait figurer la téniase/neurocysticercose parmi les maladies à déclaration obligatoire au niveau international.

Keywords : epidemiological surveillance; international cooperation; neurocysticercosis [epidemiology].

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