Bulletin of the World Health Organization
Print version ISSN 0042-9686
Abstract
ANDREWS, G.; SANDERSON, K.; SLADE, T. and ISSAKIDIS, C.. Pourquoi la charge de morbidité persiste-t-elle? Le lien entre la charge de lanxiété et de la dépression et lefficacité des traitements. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.4, pp. 446-454. ISSN 0042-9686. http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000400006.
Le projet relatif à la charge mondiale de morbidité amis au point une méthode qui permet de mesurer cette charge en ajoutant les années de vie perdues par suite dune maladie aux années de vie vécues avec une incapacité due à cette maladie. Les troubles mentaux cités dans le rapport du projet sont responsables de moins de 1% des années de vie perdues, de 26% des années vécues avec une incapacité et de 9% de la charge mondiale de morbidité. Dans les pays à économie de marché, les troubles mentaux sont responsables de 2% des années de vie perdues, de 43% des années vécues avec une incapacité et de 22% de la charge totale due à lensemble des maladies. Pourquoi la charge due aux troubles mentaux persiste-t-elle dans les pays à économie de marché? Il y a quatre possibilités : les chiffres sont erronés ; il nexiste pas de traitement efficace ; les malades ne sont pas soignés; les traitements administrés ne sont pas efficaces. On sest servi des données issues de lenquête nationale de santé et de bien-être mental réalisée en Australie sur les deux affections mentales les plus courantes, lanxiété généralisée et la dépression, pour étudier ces possibilités. Lenquête nationale australienne de santé et de bien-être mental est une enquête auprès des ménages portant sur des adultes, qui a été menée en 1997. Sur les 13 625 adultes remplissant les conditions requises qui ont été recensés, 10 641 ont accepté de répondre aux enquêteurs. Lanxiété généralisée et les épisodes dépressifs aux termes de la CIM-10 sont les troubles mentaux qui ont été les plus couramment observés par la méthode appelée Composite International Diagnostic Interview. Afin de déterminer les raisons de la persistance de la charge associée à ces troubles, on a examiné, pour ces deux affections, la prévalence sur 12 mois et sur 1 mois, lincapacité mesurée sur léchelle SF-12 dévaluation de la santé mentale et les journées dincapacité au cours du mois précédent, lutilisation des services de santé, le traitement administré aux personnes soignées et les besoins perçus en matière de traitement par les personnes nayant pas été soignées. Toutes les données proviennent des entretiens menés dans le cadre de lenquête et elles ont donc été fournies par les sujets eux-mêmes. La prévalence pondérée sur 12 mois de lanxiété généralisée était de 3,0 %, celle de la dépression de 6,7%. Les taux sur 1 mois étaient inférieurs dun tiers et de moitié respectivement, signe que les chances de rémission, dans le cas de lanxiété généralisée, sont moindres. Les taux sur 1 mois sont présentés à deux niveaux : personnes répondant aux critères le mois précédent, et personnes répondant aux critères le mois précédent cependant que ce diagnostic a été reconnu comme le trouble « unique ou principal », ou trouble de base. Ces deux troubles courants sont plus fréquents chez les femmes, ils sont chroniques, ils compromettent lavenir et ils sont actuellement incapacitants. Bien que la dépression soit plus incapacitante et plus fréquente, lun et lautre troubles devraient être au centre de lattention. Environ 40% des personnes atteintes de troubles navaient pas sollicité de soins au cours de lannée précédente, et 45 % seulement sétaient vu proposer un traitement qui aurait pu être bénéfique. Un traitement nétait pas indicatif dune rémission au cours de lannée. Les résultats du projet relatif à la charge mondiale de morbidité ont été reproduits en Australie et ils continuent de faire apparaître les troubles mentaux comme une cause importante de charge de morbidité, et lefficacité des traitements de lanxiété généralisée et de la dépression a été établie. La charge persiste donc pour deux raisons: trop de personnes ne sollicitent pas de traitement et, pour celles qui le font, les traitements efficaces ne sont pas toujours utilisés convenablement.
Keywords : anxiety disorders; depressive disorder; treatment outcome; prevalence; epidemiological studies; Australia.









