SciELO - Scientific Electronic Library Online

 
vol.78 número4 índice de autoresíndice de assuntospesquisa de artigos
Home Page  

Bulletin of the World Health Organization

versão impressa ISSN 0042-9686

Resumo

KESSLER, Ronald C.. Epidémiologie psychiatrique: progrès récents et perspectives. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.4, pp. 464-474. ISSN 0042-9686.  http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000400008.

Exposant dans leurs grandes lignes les enjeux futurs de l’épidémiologie psychiatrique, cet article fait le point des avancées récentes. Les progrès importants enregistrés récemment dans le domaine de l’épidémiologie psychiatrique descriptive sont la mise au point d’entretiens diagnostiques entièrement structurés, fiables et pertinents, et l’utilisation de ces entretiens dans des enquêtes transnationales parallèles sur la prévalence et les variables corrélées des troubles mentaux. Ces enquêtes montrent régulièrement que les troubles mentaux figurent parmi les maladies chroniques les plus répandues dans la population générale; que les troubles mentaux apparaissent en principe à un âge beaucoup plus précoce que les autres maladies chroniques; que les troubles mentaux figurent parmi les maladies chroniques les plus incapacitantes; que les personnes qui souffrent des troubles mentaux les plus graves et les plus incapacitants remplissent, à vie, les critères correspondant à un certain nombre de syndromes différents de la CIM et du DSM; enfin, que seulement une minorité des personnes qui remplissent les critères définissant un trouble mental déclarent avoir été soignées pendant l’année écoulée. Il convient aussi de noter que l’épidémiologie psychiatrique descriptive est à l’origine de travaux de recherche en épidémiologie clinique. Les enquêtes épidémiologiques cliniques conduites dans des services cliniques ou de soins primaires sont utilisées pour évaluer les handicaps comparatifs et le mode d’utilisation des services pour un large éventail de troubles mentaux. Il subsiste néanmoins plusieurs problèmes à résoudre dans ce domaine. • La question de l’affinage des catégories et des critères diagnostiques continue de se poser depuis que les problèmes rencontrés pour conceptualiser et mesurer la morbidité ont remis en question la validité fondamentale des systèmes de la CIM et du DSM. • Une évaluation des biais systématiques de sous-notification dans les enquêtes sur les troubles mentaux s’impose. Compte tenu du fait que les personnes interrogées dans les enquêtes épidémiologiques à grande échelle n’ont guère de raisons de répondre honnêtement aux questions personnelles et embarrassantes et que la notification des troubles mentaux est sensible aux moindres variations du contexte et de la façon dont les questions sont posées, les taux de prévalence des problèmes affectifs qui ressortent de ces enquêtes doivent généralement être considérés comme des sous-estimations. • Des instruments d’évaluation précis permettant d’étudier les troubles de l’enfance et de l’adolescence et la psychopathologie du développement doivent être créés et utilisés. Leur mise au point a été entravé par l’impossibilité de conduire des entretiens directs avec de jeunes enfants et parce que les troubles de l’enfance sont beaucoup moins cristallisés que les troubles de l’adulte. • Des systèmes permettant de procéder à des estimations dans des zones limitées et d’évaluer les besoins, de planifier les programmes et de prévoir l’allocation des ressources doivent être mis en place. Les progrès réalisés dans le domaine de l’épidémiologie analytique et expérimentale ont été plus modestes. Cela tient en partie au fait que les mécanismes a` l’origine de l’apparition des troubles mentaux sont beaucoup plus fortement liés à une adversité ambiante marquée qu’à des facteurs de risque aisément modifiables tels que l’alimentation et le tabagisme. Toutefois, les psychopathies concomitantes constituent un domaine de recherche important et prometteur. La réussite des interventions destinées à prévenir les syndromes psychopathologiques multiples chez les enfants et les adolescents devrait permettre de réduire la prévalence de troubles mentaux graves. Plutôt que sur l’apparition des troubles il conviendrait de faire des recherches sur l’évolution des troubles, autre domaine de recherche important, mais négligé jusqu’ici. A l’avenir, les épidémiologistes psychiatriques devront s’attacher à accroître l’utilité de leurs recherches analytiques pour leurs collègues qui participent aux études sur la prévention ou analysent les politiques sociales et qui sont en première ligne pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions. Il faudra en outre parvenir à mieux comprendre le processus qui conduit à solliciter une aide et élaborer des interventions destinées à accroître la proportion des malades mentaux qui bénéficient d’un traitement. Malgré des progrès encourageants, un important travail reste à faire avant que l’épidémiologie psychiatrique ne donne toute la mesure de sa capacité à améliorer la santé mentale des populations.

Palavras-chave : psychiatry; epidemiology [trends]; mental disorders [epidemiology]; psychopathology; review literature.

        · resumo em Inglês | Espanhol     · texto em Inglês