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Bulletin of the World Health Organization

Print version ISSN 0042-9686

Abstract

KHAN, Aamir J. et al. Injections à risque et transmission des hépatites B et C dans une communauté périurbaine du Pakistan. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.8, pp. 956-963. ISSN 0042-9686.  http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000000800004.

Une étude antérieure, à Hafizabad (Pakistan), avait établi une forte prévalence des anticorps contre l’hépatite C en relation avec des traitements par voie parentérale. A la suite de rapports faisant état de décès fréquents chez les adultes, associés à des ictères et à des affections hépatiques chroniques dans une communauté périurbaine de Karachi, une enquête a été menée sur le lien entre les hépatites et les injections, les raisons de leur fréquence d’administration aux patients et la manière de les pratiquer. A la sortie de 18 dispensaires, 203 patients âgés d’au moins 20 ans ont été interrogés ; des échantillons sériques ont aussi été prélevés lorsque les sujets étaient consentants. Les praticiens ont également été interrogés et l’on a observé, dans chaque dispensaire, comment trois injections consécutives étaient effectuées. On a obtenu 135 échantillons de sérum (67% des patients) ; 59 (44%) présentaient des anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite C et 26 (19 %) contre l’antigène capsidique du virus de l’hépatite B. On a associé l’hépatite C à une exposition croissante aux injections en 1994 (rapport de prévalences = 6,5 ; c² pour la tendance linéaire p = 0,002) par rapport à 1989-1993 (rapport de prévalences = 2,4 ; c² pour la tendance linéaire p = 0,048). Quarante-trois des 85 femmes (51 %) et 16 des 50 hommes (32 %) étaient infectés par le VHC (rapport de prévalences = 1,6 ; p = 0,05). Au cours des consultations, 165 patients (81 %) ont été traités par voie injectable et 73% ont signalé avoir reçu plus de 10 injections au cours de l’année précédant la consultation. La probabilité de signaler plus de10 injections en 1994 était deux fois plus grande pour les femmes que pour les hommes. A efficacité égale des médicaments par voie orale et par voie parentérale, 44% des patients préféraient la seconde. Sur les 18 agents de santé interrogés, 10 étaient des médecins inscrits. Aucun praticien ne savait que les injections pouvaient transmettre l’hépatite C. Dans 94%des injections observées, les seringues et les aiguilles avaient déjà servi et n’avaient pas été stérilisées de nouveau. D’après les données, on peut déduire que la transmission parentérale du VHC chez un praticien s’est produite dans la plupart des cas au cours des cinq années précédant l’enquête. Ce type de comportement à risque et de transmission épisodique à grande échelle correspond à la prévalence variable du VHC dans les diverses communautés et permet de penser qu’en intervenant pour améliorer les conditions d’hygiène au moment des injections, on pourrait éviter une augmentation exponentielle de la transmission dans de nombreuses communautés. Il est difficile de diminuer le nombre d’injections superflues : les patients recherchent ce mode de traitement et les praticiens, observant peu de risques à court terme, acceptent volontiers de répondre à leur demande. Des interventions immédiates, incitant à l’utilisation de matériel stérile, et des actions à long terme, pour limiter l’administration des injections aux cas où elles sont médicalement justifiées, sont nécessaires pour prévenir la transmission de l’hépatite C et d’autres infections par voie parentérale.

Keywords : hepatitis B [transmission]; hepatitis C [transmission]; injections [adverse effects]; epidemiological studies; Pakistan.

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