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Bulletin of the World Health Organization

versión impresa ISSN 0042-9686

Resumen

CASH, Richard A.  y  NARASIMHAN, Vasant. Obstacles à la surveillance mondiale des maladies infectieuses: conséquences de la notification publique dans une économie mondiale. Bull World Health Organ [online]. 2000, vol.78, n.11, pp. 1358-1367. ISSN 0042-9686.  http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862000001100012.

La mondialisation a entraîné une propagation croissante des maladies émergentes et réémergentes. Au plan international, on s’efforce actuellement d’enrayer leur dissémination grâce à une surveillance mondiale, qui exige la collecte d’une information exacte sur les maladies infectieuses au niveau national ou régional et sa diffusion publique au niveau international. La non-notification par les pays craignant les effets néfastes qu’aurait sur leur économie une réaction internationale excessive est un obstacle de taille à la surveillance mondiale. Les conséquences économiques de la notification de flambées de maladies sont particulièrement graves pour les pays en développement, qui souffrent dé jà de manière disproportionnée des maladies infectieuses et qui manquent de ressources pour localiser les flambées et les notifier. Deux exemples récents de flambées de maladies sont examinés dans le présent article. Le premier, une flambée de peste survenue en Inde en 1994, aurait fait perdre au pays jusqu’à US $2 milliards dans le domaine du commerce et du tourisme, tandis que la plupart des sanctions extérieures étaient excessives et médicalement injustifiées. Dans le second exemple, au Pérou en 1991, les pertes subies par le commerce et le tourisme se sont élevées à plus de US $700 millions au cours d’une flambée de choléra, et ici aussi les sanctions imposées étaient injustifiées. Dans les deux cas, l’OMS s’est opposée à toute sanction frappant le commerce ou le tourisme. Pour que les pays en développement puissent participer pleinement à la surveillance mondiale, les conditions suivantes doivent être réunies: - capacité de recueillir au début des flambées une information exacte au moyen de techniques diagnostiques peu coûteuses, facilement utilisables et aisément accessibles ; - diffusion rapide de l’information par des médias disposant de sources sûres, sans tomber dans le sensationnalisme ; - respect des normes internationales, y compris le Règlement sanitaire international et les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) applicables aux mesures qui s’imposent en matiére de commerce et de tourisme ; - appui substantiel aux nations pauvres dont l’économie est fragilisée par les flambées de maladies. Actuellement, le Règlement sanitaire international demande aux Etats Membres de notifier à l’OMS, dans les 24 heures, les flambées de choléra, de fièvre jaune et de peste seulement. Comme de nombreux pays ne se conforment pas à ces instructions, l’OMS a proposé une révision du Règlement sanitaire international afin de garantir la divulgation publique de l’information et de réduire le préjudice causé aux pays qui s’acquittent de leurs obligations. Il est prévu que les pays notifient les flambées de: - maladies qui risquent fortement de se propager, en particulier lorsqu’elles ont un taux de létalité élevé ; - maladies nouvellement diagnostiquées ; - maladies qui risquent d’avoir des répercussions sur le commerce, les voyages ou les médias. Il faut espérer que les pays respecteront les nouvelles recommandations et qu’ils agiront plus ouvertement de sorte que l’OMS puisse les aider en matière de surveillance, garantir la crédibilité de l’information et limiter les dommages résultant de rumeurs infondées. Une collaboration est également prévue entre l’OMS et l’OMC afin d’examiner les moyens d’éviter des pratiques commerciales injustes. L’OMS et d’autres organisations internationales devraient aussi mener une action d’éducation auprès des responsables internationaux, de la presse et du public avant que les flambées ne surviennent ou au début de celles-ci afin d’éviter des pertes. L’utilisation de techniques diagnostiques peu coûteuses, une définition plus claire des cas et une meilleure diffusion de l’information peuvent aussi être utiles à cet égard. L’OMS et l’OMC doivent appliquer leurs politiques et envisager de nouveaux moyens de minimiser les retombées économiques défavorables, en particulier dans les pays pauvres. Faute de quoi, les pays continueront vraisemblablement à essayer de cacher les épidémies, et les objectifs de la surveillance mondiale risquent de ne pas être pleinement atteints.

Palabras llave : epidemiological surveillance; disease outbreaks [economics]; communicable disease control [legislation]; emerging diseases; plague; cholera; Peru; India.

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