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Bulletin of the World Health Organization

Print version ISSN 0042-9686

Abstract

HAMID SALIM, MA et al. Médecine informelle et lutte contre la tuberculose au Bangladesh ou comment transformer en ressources des éléments considérés comme des handicaps. Bull World Health Organ [online]. 2006, vol.84, n.6, pp. 479-484. ISSN 0042-9686.  http://dx.doi.org/10.1590/S0042-96862006000600017.

En 1998, la Fondation Damien au Bangladesh a invité des «gram dakter» (terme local désignant les «médecins de village») partiellement qualifiés et privés à participer aux programmes de lutte contre la tuberculose (TB) dont bénéficient 26 millions d'habitants des zones rurales du Bangladesh. Cette organisation a formé 12 525 médecins de village non seulement à orienter les cas suspects de TB vers un diagnostic gratuit, mais également à délivrer un traitement sous observation directe (DOT) gratuit également. La source de la notification et le lieu d'administration du traitement DOT ont été enregistrés dans le cadre du système standardisé d'enregistrement et de notification des cas de TB, ce qui a permis de quantifier la contribution en pourcentage des médecins de village à la détection des cas et de réaliser une analyse désagrégée des résultats du traitement au sein de la cohorte. De 2002 à 2003, les médecins de village avaient notifié 11 % de l'ensemble des cas de TB à frottis positif recensés dans la zone étudiée et dirigé 14,4 % des patients présentant un test positif vers un spécialiste. Ces médecins avaient également délivré un traitement DOT à 18 792 malades, soit une proportion de 20 à 45 % des malades sous traitement pendant la période 1998-2003. Le taux de succès du traitement était de 90 % pour cette même période. Des échantillons d'urine prélevés au hasard pour contrôler l'observance du traitement étaient positifs pour l'isoniazide chez 98 % des malades traités par des médecins de village. Dans le cadre des programmes DOTS mixtes public/privé, les services fournis par les dispensateurs de soins de santé partiellement qualifiés et privés offrent aux populations rurales démunies un moyen efficace pour accéder plus facilement à un traitement antituberculeux de qualité. Il est donc possible de faire appel aux importants moyens humains de la médecine informelle dans les pays pauvres pour réaliser les objectifs de santé publique. La participation des médecins de village à la lutte contre la TB fait maintenant partie de la politique nationale du Bangladesh.

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